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Mes plus beaux bivouacs

vendredi 3 août 2012, par Xavier Ducros

Contrat Creative Commons

Un de mes plus grands plaisirs est de bivouaquer à un sommet en montagne. Je parle bien entendu du "vrai" bivouac :->, sans tente, afin de savourer ces rares instants de communion avec la Nature ; du bivouac choisi, par beau temps (ce qui ne veut pas dire par forte température !), et dans un lieu magique.

Les photos sont en bas de la page ;-) !


Une toile de tente est un abri rassurant, confortable, mais qui isole de l’environnement, et prive ainsi d’innombrables plaisirs. Dormir dehors, en altitude, presque sans rien, isolé de tout, dans des conditions apparemment spartiates peut sembler peu attirant, voire repoussant, pour l’homme moderne, vivant dans une société dont la quête obsessionnelle de la surprotection de l’individu est devenue un leitmotiv. Un bivouac au sommet d’une belle montagne, c’est souvent tout sauf du confort, mais ce sont des instants inoubliables, qui n’ont pas de prix ! En parlant de l’alpinisme, Gaston Rébuffat (cf. livre "Massif du Mont Blanc") fait les remarques suivantes, que je trouve tout aussi adaptées au bivouac tel que je le conçois :

« Pour faire de l’alpinisme, il faut deux choses : de l’enthousiasme et de la lucidité. Accepter de porter un sac, de dormir plus ou moins bien dans un refuge, parfois à un bivouac, d’avoir froid puis chaud, peut-être d’avoir faim, sans doute d’avoir soif, partir en sachant que l’on ne pourra pas arrêter le jeu, c’est-à-dire l’ascension, si tout à coup on en a assez, soit que l’on soit fatigué, soit que le temps devienne mauvais, être tributaire d’un compagnon qui peut-être marchera moins bien, - bref, quitter un confort et des habitudes, c’est cela l’enthousiasme. C’est un beau sentiment, surtout à notre époque qui oublie de plus en plus que l’on a des muscles et une tête qui ne demandent qu’à servir, et dont leur belle fatigue nous procure une paix et même une allégresse intérieures. Marcher, grimper n’est pas du tout un sacrifice, mais l’accomplissement d’une action pour laquelle chacun a, à sa naissance, reçu naturellement ce qu’il faut et qui procure un sain plaisir. Et en dehors de l’action, il n’est après tout ni si dur ni si désagréable d’avoir faim ou froid un moment. A une époque où tout est de plus en plus prévu, programmé, organisé, pouvoir se perdre sera bientôt un délice et un luxe exceptionnels."

Pour aller bivouaquer au sommet, il faut marcher, parfois longtemps, d’une traite, l’après-midi quand il fait bien chaud, avaler du dénivelé, beaucoup de dénivelé même, et porter un peu car il faut bien manger, se coucher, etc. au sommet, aucun matelas, pas de cuisine, pas d’eau, pas de chauffage, juste des cailloux... une vue grandiose, et du bonheur à l’état pur ;-) !

Alors, me direz-vous, quels sont ces plaisirs bruts, intenses et rares, qu’un bivouac apporte ?

- arriver, le soir, au sommet, quand tout le monde est parti, et se dire qu’on va dormir là, dans cet endroit improbable, que l’on découvre ;
- voir le soleil se coucher, en mangeant sa soupe, sur un horizon où se découpent les sommets environnants, qui prennent des teintes rouges, roses, bleues, etc. un vrai festival de couleurs dans un cadre splendide !
- apercevoir, très loin, les petites lumières des villages, et se dire : je suis, là, tout seul, en montagne, dans cet endroit magique : je suis bien !
- trouver sa place de bivouac : parfois il y a de la place pour plusieurs, parfois on se demande où mettre son duvet... alors on fait un petit muret de pierres pour ne pas glisser, on tasse un peu le sol, et zou, au lit... enfin, dans le duvet !
- admirer les sommets, lacs et parois légèrement éclairés par une belle pleine lune, voguant silencieusement dans l’immensité de la voûte céleste ;
- parfois il fait bon (10°C) et on pourrait dormir sans rien ou presque, parfois il gèlera le lendemain matin... et dans ce cas, quel bonheur d’être au chaud dans son doux duvet, et de sentir le vent frais sur son visage !
- se réveiller la nuit, ouvrir les yeux, et voir la voûte étoilée au-dessus de sa tête ; distinguer les sommets environnants si la lune est là ;
- le matin, quand il fait frais, voire froid, apercevoir les teintes rougeâtres, prémices du lever de soleil, attendre son arrivée, puis, enfin, savourer ses premiers rayons qui vous réchauffent en quelques instants : dans ces instants-là, on comprend pourquoi tant de civilisation ont adoré le Soleil !
- prendre son petit déjeuner avec une vue grandiose, et admirer l’évolution des teintes des montagnes au fur et à mesure que le soleil s’élève au-dessus de l’horizon ;
- et enfin, quitter le sommet, serein, avec un sentiment de plénitude, et croiser des gens, bien plus bas, qui montent vers votre chambre improvisée, souvent sans se douter des bonheurs qu’il y a à passer une nuit là-haut !

Et maintenant, un petit festival photo de quelques-uns de mes plus beaux bivouacs. Mode HD disponible (cliquer sur l’engrenage du menu de la vidéo, disponible quand on la lance).


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